À l’heure où la vidéo s’impose dans la communication d’entreprise, on attend des manageur.ses qu’ils.elles soient capables de s’exprimer dans des messages vidéo clairs et percutants. Mais ce n’est pas si évident quand on se retrouve devant la caméra !

Cet article a été publié sur le site de COM-ENT.

En général, plus un.e manageur.se monte en compétences, plus il.elles devient un.e meilleur.e communicant.e. Maîtriser les discours face à la caméra, c’est encore un échelon à gravir. La directrice de la communication et de la marque d’Aésio Mutuelle, Marie-Cécile Lebard, le confirme : “Il faut être multitâches, penser à son contenu, regarder la caméra, ressembler à quelque chose. Il faut accepter de s’engager à nouveau sur la courbe de l’apprentissage avec humilité, en se reposant sur les conseils des experts de la communication vidéo qui nous accompagnent.”

Un minimum de préparation

En termes de contenu, les règles de base pour une prise de parole en public restent valables face à la caméra. Il s’agit au minimum de préparer l’attaque de début et la phrase de conclusion de votre discours. Mais si vous pouvez vous permettre de jeter un œil de temps en temps à vos notes depuis votre pupitre pendant une conférence, cela est moins toléré dans certaines vidéos. Si c’est un format court, il vaut mieux éviter de regarder vos notes. Ayez donc en tête une vision d’ensemble de votre discours. Le mieux est de préparer des « bullet points » et de les développer en improvisant, pour reprendre les éléments clés que vous souhaitez absolument communiquer. 

N’apprenez pas votre texte par cœur

Apprendre son texte par cœur est périlleux. Vous pouvez vous le permettre si vous avez un talent d’interprétation pour faire vivre votre discours et ainsi capter l’attention de votre public. Mais généralement, ça se sent et ça ne fait pas naturel. Vous risquez de casser la proximité avec vos collaborateur.rices et de donner une image de quelqu’un qui manque de confiance. Cela peut générer de l’angoisse ou des critiques plutôt que de la motivation et de l’engagement. L’idéal est de répéter avant le tournage, sans chercher à sortir du mot à mot, mais en reprenant les idées avec naturel. Il vaut mieux entendre un « euh »  que d’avoir affaire à un robot qui récite machinalement. 

Quand utiliser le prompteur ? 

Les journalistes et animateur.rices TV y ont souvent recours. Chez eux.elles, cela paraît très naturel, mais cela ne s’improvise pas. Ils.elles ont des années d’entraînement. Avec un prompteur, il faut être capable de faire vivre le texte sans donner l’impression que vous êtes en train de lire, il faut éviter un ton monocorde et machinal. Votre regard risque aussi de changer, on verra peut-être vos yeux trop fixés sur le texte. Il y a deux cas où cela peut être bien de l’utiliser : 

  • Si vous faites de très courtes interventions à plusieurs pour un montage dynamique, on n’aura pas le temps de voir que vous êtes en train de fixer le prompteur. Ce type de vidéo très rythmée qui surfe sur l’esprit des interviews vidéo faites sur les réseaux sociaux, s’accompagne souvent d’un habillage constitué de mots clés et d’images pour captiver l’attention, et donc être moins focus sur le visage de l’intervenant.e. 
  • Si vous intervenez dans un format long, en live ou non, type émission, et que vous avez vraiment trop peu de temps pour tout assimiler. Il faudra alors vous entraîner à utiliser le prompteur et être à l’écoute des conseils de l’équipe de tournage. Si vous pouvez faire sans, dans ce cas de figure, ce sera toujours mieux, mais ça vous mobilisera plus longtemps sur le plateau.

Ayez un regard franc 

Deux axes de regards sont possibles en vidéo. Le regard journaliste est emprunté aux médias classiques. C’est celui où vous répondez aux questions en regardant la personne qui vous les pose et qui se trouve juste à côté de la caméra. Cet exercice est plus naturel que la tendance actuelle du face caméra, inspirée par les médias pure player (Konbini, Brut) très influents auprès des plus jeunes. La communication d’entreprise apprécie tout de même ce format face caméra qui donne l’impression que vous parlez directement à vos collaborateur.rices. L’exercice n’est pas facile, veillez à bien garder votre regard sur l’objectif pour capter votre public. Il faut imaginer que derrière cet objectif, se cache chaque personne à qui vous adressez votre message. 

Soyez authentique et souriant.e

Un ton juste, sincère, voire confidentiel, vous aidera à mieux impliquer votre audience. Pour cela, “soyez vous-même sans surjouer“. C’est le conseil que donne souvent Marie-Cécile Lebard à ses top manageur.ses chez Aésio Mutuelle. Cela vaut également pour votre tenue. Inutile de vous mettre sur votre 31 pour une vidéo si, au quotidien, vos collaborateur.rices vous connaissent plutôt habillés en mode « casual ». Ça ne vous mettra pas à l’aise.  

Le sourire est  toujours recommandé dans vos messages, mais tout dépendra de l’idée que vous êtes en train de faire passer. Souriez et soyez détendus entre les prises, une ambiance agréable vous aidera à démarrer chaque prise avec un visage ouvert et souriant.

Être bien entouré.e pour se sentir en confiance

À côté de ces recommandations générales, il y a les aspects liés à votre personnalité et à votre entourage. Entourez-vous d’un.e ou plusieurs collaborateur.rices et d’une équipe de tournage, avec qui vous avez une relation de confiance. Soyez à l’écoute des remarques sur votre langage corporel : votre placement, vos tics, ou encore, votre manière de bouger les mains… Tout le monde a ce type de manie, surtout au début. Ce n’est pas un échec. Concentrez-vous sur le contenu de votre discours, l’équipe surveillera le rendu esthétique de la vidéo. S’il faut refaire des prises, ce n’est pas un souci, c’est le jeu des tournages. Lorsque vous calez pour faire passer une idée, brainstormez avec l’équipe sur les différentes formulations possibles… En conclusion, soyez patient.e et sincère, acceptez le travail collectif avec l’équipe sur le plateau, et le résultat sera une réussite. 

Julie Martin, cheffe de projet/journaliste, Vincent Stilinovic, directeur associé – agence Réactive Production

Cet article a été publié sur le site de COM-ENT.

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