Vulgariser un sujet complexe en vidéo : plus facile à dire qu’à faire ! Entre les demandes des un.es et des autres, quatre bras, et surtout plusieurs cerveaux, pourraient s’avérer nécessaires pour faire le tri dans les messages à faire passer. Cet article pratique a pour vocation de vous confier les principales clés pour réussir l’exercice, dont l’objectif premier est, rappelons-le, de rendre une science ou une technique accessible à un néophyte.

Connaître son public 

Pour commencer, il est utile de se poser LA bonne question : « À qui ma vidéo s’adresse-t-elle ? ». Quand on vulgarise, on s’adresse généralement au plus grand nombre. Il peut s’agir du grand public, ou de l’ensemble des collaborateurs et collaboratrices d’une entreprise. On a souvent tendance à caricaturer le ton à adopter dans une vidéo de vulgarisation. L’idée « n’est pas de niveler par le bas », mais de s’adapter au niveau de connaissance de votre audience, à la culture de l’entreprise… Si elle se constitue à 80 % d’ingénieur.es, vous aurez certainement besoin d’un niveau de vulgarisation moindre que si vous vous adressez à un public sans aucune compétence technique. Pour de la vulgarisation « de masse », l’utilisation de termes accessibles à un.e élève de cinquième est préconisée. Savoir à qui l’on s’adresse pour adopter le bon ton est donc primordial.

Concevoir le message 

Pour concevoir votre message, vous allez (si vous ne l’êtes pas vous-même) vous faire accompagner par des spécialistes. Si ces dernier.es apportent une bonne expertise, ils.elles ne sont pas forcément de bons « vulgarisateur.rices ». Habitué.es à leur jargon, ils.elles vont avoir tendance à utiliser des mots complexes, à multiplier les acronymes… Un regard extérieur, et aguerri à la culture de l’entreprise, est donc nécessaire pour prendre du recul et être sûr d’adopter le bon ton. Une fois la juste tonalité déterminée, il reste à définir la teneur du message. Vous ne pourrez, bien entendu, pas tout dire. Il faudra sélectionner l’information principale. Si malgré ce travail, les idées à faire passer sont multiples, commencez par la plus importante : au-delà de la compréhension du sujet par l’auditoire, une vulgarisation réussie signifie également la mémorisation du message. Un objectif plus aisé à atteindre si l’on reste focalisé.e sur l’essentiel. De même qu’en employant un langage clair et simple, et en évitant les détails superflus. La comparaison imagée est, pour ce faire, une alliée efficace : on préférera, par exemple, parler de « trois terrains de foot » que de 21 000 m2. Enfin, si l’emploi des termes complexes s’impose, pensez à les expliquer.

Le temps est compté  

Bien choisir le message à faire passer est d’autant plus important que vous êtes limité.e sur la durée. Une vidéo de vulgarisation s’adresse par définition à un public novice sur le sujet, que vous allez sortir de sa zone de confort, voire même de sa zone d’intérêt. Il convient donc de capter l’attention très rapidement (dès les 15 premières secondes) et, pour conserver l’intérêt de l’audience sur l’intégralité de la vidéo, de ne pas être trop long (environ 2 minutes). Pour bien entamer votre vidéo et accrocher le spectateur ou la spectatrice, on pourra introduire, en amorce, un exemple ou un élément concrets, mieux assimilables qu’un concept abstrait ou trop générique. 

Contextualiser et décomplexer pour décomplexifier  

Un quatrième ingrédient peut contribuer à réussir l’exercice de vulgarisation : le contexte ! Clairement exposé, il permet de mettre en évidence les enjeux et, par extension, de susciter de l’intérêt pour le message. « Pourquoi et en quoi le sujet est-il intéressant pour le spectateur ou la spectatrice ? » : voici, assurément, l’une des questions à se poser pour contextualiser à propos. La mise en avant des applications et des risques éventuels sont autant d’éléments qui vont piquer la curiosité de l’audience. 

Si le sujet s’y prête, n’hésitez pas à faire un peu d’humour. C’est l’option privilégiée par la chaîne YouTube « C’est une autre histoire », dont l’objet est de rendre accessibles des sujets historiques. Sous couvert d’un angle décalé et accrocheur, elle traite de sujets de fond. De manière générale, l’humour est souvent plébiscité pour éveiller les plus jeunes à des sujets complexes. 

Choisir le bon format  

Une fois ces prérequis cités, se pose la question du format adéquat. Variable, il peut aller du motion design au tuto face caméra. Le budget à disposition et les objectifs à atteindre sont des critères déterminants. Une interview apporte une dimension humaine intéressante et permet une identification forte : elle peut, par exemple, aider à exposer la mission d’une personne ou d’une équipe. Si l’intervenant.e est bon vulgarisateur.rice , c’est tout bonus: il.elle incarnera le discours et impliquera les spectateur.rices. C’est le format retenu par Réactive Production, dans la série « Portrait de Femmes de Science » pour l’ANR (Agence Nationale de la Recherche). Dans chacun des portraits, la personne évoque son parcours et ses motivations, avant de se lancer dans l’exercice de vulgarisation à proprement parler, et de détailler son projet de recherche. Très incarné, ce format confère à la vidéo un caractère pédagogique et inspirant. 

En dehors de ce cas spécifique, le motion design est le format à privilégier. La voix off qui l’accompagne permet de garder la main sur les éléments de langage, et son aspect très visuel explicite le discours et s’avère utile pour faire passer un message complexe. Preuve en est, la  série de vidéos réalisées par Réactive Production pour le ministère des Armées et notamment, le premier épisode visant à expliquer l’Intelligence Artificielle et ses champs d’application.

Les formats mixtes, mêlant interviews et séquences en motion design, sont largement plébiscités. Résolument modernes, ils reprennent les codes des médias sociaux avec de nombreuses incrustations de textes. Fluides, agréables à regarder, pédagogiques, ils offrent l’avantage de maîtriser totalement une partie du discours : si vous êtes tributaires de la qualité de l’intervenant.e dans la partie interview, vous reprenez le contrôle dans les séquences en motion design.

Vous pouvez aussi faire le choix d’un reportage mêlant interviews et séquences illustrées en voix off, comme dans cette vidéo de présentation du projet du gagnant du Prix Allianz-Institut de France, dans laquelle le Professeur Alexis Brice présente avec une grande pédagogie son travail sur les maladies dégénératives : un beau travail de vulgarisation !

En conclusion, citons le journaliste Jacques Chancel qui disait « Si vulgariser, c’est porter à d’autres ce qu’on aime, je suis d’accord. » Et la vidéo est assurément un bon moyen d’y parvenir. 

Consultez l’article sur les webséries dédiées à l’interne rédigé par l’équipe pour le Hub de COM-ENT.

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